Chercher à être authentique est un non sens.
Si être authentique, c’est être soi, être vraiment soi, nous le sommes déjà tous. De même que nous ne pouvons être que nous, nous ne pouvons être qu’authentiques.
Je crois reconnaître deux types de quête d’authenticité, toutes deux se confondant avec la recherche de soi-même.
La première est insufflée par le désir de devenir la meilleure version de soi. Être authentique serait être une autre personne, une version de soi expurgée de tous ses défauts et de tout ce qui est indigne d’être aimé. Nous ne serions pas véritablement nous-mêmes tant que nous ne nous serions pas débarrassés d’aspects de nous qui ne font pas notre affaire.
La seconde est sous-tendue par l’envie de cesser de se conformer, de se soumettre, de dissimuler ce que l’on pense, de faire passer les autres avant soi et d’avoir peur de dire non. Être authentique serait oser s’affranchir des codes et des convenances, voire refuser de mettre les formes.
Vous pourriez vraiment étouffer sous les convenances et ne pas oser dire ce que vous pensez, ni agir en conséquence mais, pourtant, vous êtes aussi authentique lorsque vous vous y soumettez que lorsque vous ruez dans les brancards.
L’authenticité n’est donc pas un but à atteindre, une façon d’être vous à façonner et à laquelle vous accrocher.
Et pourtant, nous pouvons vraiment avoir l’impression de manquer d’authenticité lorsque nous sommes avec les autres. Qui n’a pas cherché à montrer de soi une image idéalisée, qui n’a pas regretté de n’avoir pas réussi à se comporter comme il l’aurait voulu. Nous aurions voulu dire autre chose, produire une meilleure impression ou parvenir à mieux nous faire comprendre pour mieux nous faire connaître. Nous n’avons réussi qu’à montrer un petit bout de nous et pas forcément celui que l’on préfère. Pourtant, ce n’est pas parce que les autres ne nous voient pas dans notre intégralité que ce qu’ils perçoivent de nous n’est pas authentique.
Même seuls avec nous-mêmes, nous pouvons vraiment avoir l’impression de ne pas être nous. Nous avons furieusement envie de croire qu’il y a erreur sur la personne et que nous pourrions devenir celle que nous rêvons d’être à coup de visualisation positive, de nettoyages énergétiques censés nous nous purifier, nous laver de nos vilains défauts et nous débarrasser d’entités qui nous auraient vampirisés.
Cette sensation d’imposture et de manque d’authenticité peut être réelle et désagréable mais elle ne disparaîtra pas, quand bien même vous gesticulerez en tous sens et vous vous ferez des nœuds au cerveau pour devenir la personne que vous rêvez d’être vraiment, celle que vous pourrez enfin aimer car elle serait véritablement vous.
Le problème n’est pas que vous n’êtes pas vous mais que vous n’êtes qu’une partie de vous et qu’en plus, souvent, cette petite partie ne vous plaît pas.
Comment se sortir de ce mauvais pas ?
Le regard des messagers qui s’adressent à travers moi aux personnes qui me consultent est devenu le mien, par imprégnation. Ils sont formels : jamais ils n’encouragent qui que ce soit à devenir une autre personne. Jamais ils ne disent que nous ne sommes pas vraiment nous-mêmes. Ils ne font qu’éclairer des aspects de nous que nous peinions à voir dans le seul but de nous faire grandir et de nous permettre de nous sentir plus complets.
Plus nous intégrons des aspects de nous que nous avions jusqu’alors laissés à la marge, niés ou rejetés, plus nous nous sentons, non pas nous-mêmes, mais encore plus nous-mêmes, non pas authentiques mais encore plus authentiques.
Écrire commentaire