Pourquoi ai-je jeté mes cartes oracle?

Les cartes oracle, j'adorais ça!

J'en avais plusieurs jeux, les cartes des maîtres ascensionnés, des anges, des dauphins, et j'en passe,  J'étais particulièrement sensible à la beauté de certaines images. L'objet carte me plaisait énormément. 

J'ai aimé les battre, souffler dessus, taper les paquets pour les libérer de l'énergie accumulée. J'ai adoré mettre en place mes tirages personnalisés, couper les paquets, tirer les cartes, rattraper celles qui sautaient. Ce petit rituel me plaisait bien. 

 

Et puis, un jour, je me suis rendue à l'évidence, ces cartes ne m'apportaient plus ce que j'y cherchais.

J'y cherchais des confirmations, je pensais que les cartes me révèleraient les tendances de mon futur, qu'elles lèveraient le voile sur mes envies véritables et sur les intentions de certaines personnes à mon égard. J'espérais qu'elles éclaireraient ma route, qu'elles me guideraient. J'espérais que les cartes en sauraient plus que moi sur moi-même ou que la force qui guidait ma main vers elles sauraient mieux que moi ce qui était bon pour moi. 

 

Mais les messages délivrés me sont vite apparus très limités et je piochais tant et plus des cartes jusqu'à obtenir celle que je voulais piocher! La loi des statistiques venait rapidement à bout de la loi d'attraction! 

Afin d'obtenir des messages plus fin, des informations plus précises sur les situations sur lesquelles je m'interrogeais, je me suis acheté un jeu de tarot, magnifique, inspiré des œuvres de Léonard de Vinci. Je n'ai pas développé de grandes compétences en tarologie mais au fur et à mesure que je me familiarisais avec les cartes, j'arrivais à en comprendre les messages. 

Mais il se trouve que ces messages reflétaient mon état d'esprit du moment: si j'étais positive, enjouée, optimiste, les cartes me renvoyaient des messages positifs et cela me réjouissait. Mais si j'étais maussade ou dans la peur, les cartes reflétaient cette peur et j'en ressentais de l'inconfort. 

Les cartes sont un formidable outil, je n'en doute pas, mais au bout d'un moment, lasse de leur accorder autant d'importance, lasse de me jeter frénétiquement sur elles à la moindre contrariété, lasse de les consulter plusieurs fois par jour jusqu'à ce qu'elles me servent la réponse que j'attendais, je les ai cachées dans le coffre de ma voiture pour les éloigner de moi. Le verdict était sans appel, j'étais devenue accro aux cartes! J'ai réussi à m'en déshabituer pendant quelques mois mais j'ai replongé et ai recommencé les tirages avec mon jeu de tarot. 

Un soir, alors que je n'étais pas au mieux de ma forme, j'ai réalisé un tirage et les cartes que je tirais étaient toutes plus tristes et sombres les unes que les autres. Elles reflétaient parfaitement mes peurs et mes doutes, mais elles donnaient une image déformée de la réalité de la situation au sujet de laquelle je les interrogeais, comme j'ai pu m'en rendre compte par la suite.

Suite à cet ultime tirage, j'ai pris conscience que je ne voulais plus m'en servir et, surtout, que je n'en vais pas besoin. 

 

Comme je le dis souvent, si nous nous posons une question, c'est que nous avons la réponse, à condition que cette question concerne nos sentiments, nos peurs, nos croyances, nos envies. Ma démarche spirituelle va en ce sens depuis toujours, elle m'encourage à m'observer avec beaucoup d'honnêteté, à mettre des mots sur mes intentions floues, à éclaircir mes sentiments et à prendre conscience des parties de moi-même qui les portent. 

En me séparant de mes cartes, j'ai commencé à faire le deuil de l'omnipotence. Je comptais sur elles pour me révéler les pensées des personnes chères à mon cœur, pour me rassurer sur la façon dont elles me percevaient et pour m'éclairer sur la nature des sentiments qu'elles me portaient. En me faisant tourner en rond, en me menant dans des impasses, elles m'ont poussé à oser poser directement des questions aux personnes concernées. Elles m'ont également poussé à jeter un regard objectif sur certaines situations plutôt que de faire une lecture exclusivement spirituelle de chaque évènement. 

En me séparant d'elles, j'ai compris à quel point j'en avais assez d'essayer de tout contrôler par peur de souffrir. 

 

Alors oui, je l'ai ai jetées… A vrai dire je n'ai pas eu le cœur à les mettre dans une poubelle et je les ai déposées chez Emmaüs avec plusieurs livres traitant de spiritualité d'ailleurs. 

 

Mais, j'y pense, est-ce moi qui me suis séparée d'elles, ou est-ce que ce sont elles qui, pour m'aider à avancer se sont séparées de moi? Je crois qu'elles m'ont finalement joué un beau tour! 😄

 

 

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